testament
De mon silence, ceux qui m'ont accompagné durant des mois ont déduit sûrement que je faisais partie de ceux qui ont été évincés du marché des devises. Je faisais partie des petits cambistes amateurs qui y risquent quelques milliers de dollars pour meubler leur temps libre. C'était mon cas comme retraité.
En fait, j'ai eu quelques mois de fébrilité sur ce marché, environ 14 mois. Après des pertes que je juge suffisantes pour m'obliger à une auto-analyse, j'ai choisi de m'arrêter. Je crois que je n'ai pas la personnalité pour ce type de marché. C'est dur de l'admettre mais il faut bien en arriver à un jugement sévère quand les événements nous montrent nos faiblesses et surtout l'incapacité à les dominer.
Si vous aviez la patience de lire mon parcours sur ce blog, vous comprendriez. Vous comprendriez même que j'aurais dû me rendre à la raison bien avant. Mais, c'est maintenant le passé.
Pour aider toute lectrice, tout lecteur à comprendre sans relire tout le blog, voici quelques données du constat que j'ai fait.
-
J'ai mis beaucoup d'efforts et de temps pour étudier ce marché. Je croyais à la connaissance du marché comme base de succès.
-
Je n'ai jamais cessé d'étudier durant tout le temps que j'ai transigé.
-
Cependant, je suis entré «live» dans le marché beaucoup trop tôt. Il me manquait l'expérience du «démo». J'ai cru en qui disait que le démo n'avait rien à voir avec le live. Je ne sais pas avec assurance mais je crois qu'il y a un rapprochement à faire. Ce serait un peu comme la résidence en médecine; bon c'est pas parfait comme comparaison mais comprenez ce que je veux dire.
-
En cours de route, j'appréciais mon rendement par les gains et je négligeais les pertes, confiant que celles-ci allaient se redresser.
-
J'ai sous-estimé l'importance des «stoploss». Ce fut un constant dilemme pour moi. Quand les stoploss étaient actionnés et que, par la suite, je voyais la paire prendre le chemin du gain, je m'en voulais de ne pas avoir laissé la perte courir avant de voir la reprise venir et le gain s'en suivre.
-
Pourtant, ce sont les transactions sans stoploss qui causèrent le plus de dégâts. Je le reconnais aujourd'hui; j'aurais pu, voire dû, le reconnaître plus tôt.
-
Avec le temps, je me suis transformé en défaitiste confiant en l'avenir. Sans m'en rendre vraiment compte. C'est aujourd'hui que je fais ce constat. J'ai perdu confiance en moi et mon estime de soi s'est affadie. Comme conséquence, j'ai empilé les bêtises.
-
J'ai constamment cherché la formule à succès sans vraiment attendre de l'avoir expérimentée en démo pour y risquer des transactions live. Erreur! Aucune formule n'est infaillible.
-
Comble du ridicule, je me suis mis à m'intéresser aux robots miraculeux. J'en ai même acheté deux. Je me suis fait rembourser pour un mais j'ai gardé l'autre... sans jamais m'en servir ni démo ni live.
-
J'ai appris oui sur le marché, non sur moi-même comme cambiste. En tout cas, pas assez tôt pour réaliser que je n'avais pas les traits de personnalité exigés d'un cambiste à succès. Tout de même, j'ai finir par comprendre que les résultats me donnaient tort de croire que j'étais fait pour ce marché.
-
Quelques voyages planifiés en décembre 2008 et janvier 2009 m'ont forcé à m'écarter du marché alors que j'aurais dû y injecter encore de l'argent pour y rester. Ce fut bénéfique. Quand je suis revenu en situation de réintégrer le marché en février, j'avais perdu la motivation parce que l'image que je me faisais de moi comme cambiste amateur était celle d'un perdant.
Voilà donc la conclusion d'un parcours malheureux par sa fin mais pas aussi malheureux par lui-même. Ce furent des mois de fébrilité, d'apprentissage, d'implication, d'enthousiasme et déception. Il y eut un prix à payer mais voilà c'est fini. Au fond, j'en sors grandi par la satisfaction que j'ai d'en être sorti, d'avoir pris cette décision. Ne grandit-on pas par le constat de ses limites.
Quelqu'un pourrait dire: «Oui, mais tu aurais pu mettre ton apprentissage en valeur en reprenant tout à zéro et mettant en pratique les mesures susceptibles de corriger les erreurs passées.» Il aurait raison mais je constate, vu mon âge et ma stabilité financière, que je n'ai pas la motivation suffisante pour investir les énergies nécessaires dans la recherche de plus d'argent. Il est plus important pour moi de jouir de ce que j'ai que de courir après plus d'argent pour un avenir déjà là.
Si je suis entré dans ce marché parce que je cherchais à occuper mon temps libre, du moins une partie de celui-ci, j'y suis aussi entré par le désir de gain monétaire. C'est un marché attrayant par ses perspectives de gain. J'ai répondu à cet appel.
Du succès à vous toutes et tous qui êtes dans le marché mais surtout de l'auto-analyse afin de ne pas vous détruire sans vous en rendre compte si les succès venaient à vous fuir. Je m'adresse ici surtout aux amateurs; les professionnels c'est une autre histoire.
Bonne continuation réussie à tous et toutes!
P.S.: Je garde le blog car il est probable que je l'alimente de temps à autre sur des sujets que je continue d'explorer touchant le marché des devises. En dilettante bien sûr!